Billets comportant le tag punk

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Drôle d’histoire que celle des Cramps. Véritable ovnis de la planète Rock, ce groupe américain n’a jamais eu autre but que de retrouver l’essence même du Rock ‘n’Roll, se faisant coller de multiples étiquettes sans qu’une seule ne puisse réellement leur convenir. Il est vrai que cette formation ne se résume pas à une musique, mais bien à un univers tout entier…
Le début de The Cramps se fait par une succession de coïncidences : un dénommé Erik Lee Purkhisher s’arrête un jour de 1972 à Los Angeles pour prendre une auto-stoppeuse. Bonne pioche, car cette Kristy Wallace partage exactement la même passion que lui pour les vieux disques de Rockabilly et les mauvais films réservés au pire créneau de la nuit. Peu après, les deux partent s’installer en couple dans la ville d’enfance de Purkisher, Akron (Ohio), avant de choisir définitivement New York en 1975, ce qui est loin d’être un hasard… Erik et Kristy sont très enthousiasmés par un bar appelé le CBGB’s, lieux underground où se produisent notamment sur scène des groupes tels que Television, Patti Smith Group, The Dead Boys et surtout les Ramones, jeune groupe avec lequel ils sympathisent… L’histoire est en marche ! Le couple se fait alors connaitre sous de nouveau noms, Lux Interior pour Purkisher, tandis que sa femme devient Poison Ivy. Au même moment, Lux -qui travaille désormais chez un disquaire- se lie d’amitié avec son collègue Greg Beckerleg, qui partage exactement les mêmes centres d’intérêts et est né à quelques heures d’intervalle avec Ivy. Ni une, ni deux, ce dernier rebaptisé Bryan Gregory se pointe le lendemain avec un gratte neuve dont il ne sait pas jouer, et rameute sa sœur comme batteur novice afin de compléter le nouveau projet de Lux et Ivy, The Cramps.
La nouvelle formation (où Lux assure le chant et Ivy Rorschach la seconde guitare) fait ses premières armes au CBGB’s en 76, jouant totalement désaccordé d’où le mécontentement du patron qui les virent ! Néanmoins, le piston des Ramones leur permet de se faire petit à petit un nom sur la scène Punk émergente (au CBGB’s compris), tandis que Nick Knox les rejoints derrière les fûts. Après un mini-album (1979), les Cramps -désormais plus rodés- sortent le mythique Songs The Lord Taught Us en 80, seul LP où Bryan Gregory est présent puisqu’il quitte le groupe peu après. Ce dernier est rapidement remplacé par Kid Congo Powers, et le groupe poursuit sa route en enregistrant Psychedelic Jungle l’année suivante.
Dès ses débuts, The Cramps devient une curiosité, tant par la musique que pour l’ambiance des concerts. Ils produisent une sorte de Rockabilly électrique et déjanté, auquel s’ajoute les textes frénétiques de Lux qui mêle sexe, humour noire et autre contenu trash… Ces thèmes seront récurrents tout au long de leur existence, donnant lieu à des lives bordélique où les compères (notamment Lux et Ivy) se retrouvent maquillés, vêtus de cuir ou portant des perruques lorsqu’ils ne finissent pas à poil ! L’autre particularité du groupe est son absence de basse : alors que le Post Punk la met réellement pour la première fois en avant et relègue la guitare à son rôle rythmique, les Cramps (par choix et surtout par un concours de circonstance) évoluent avec deux guitares électriques, celle de Gregory interprétant tout de même des riffs provenant d’un jeu de basse. Cette situation ne change véritablement qu’en 1986 lorsque Candy Del Mar les rejoints : elle est bassiste, sait jouer et met fin ainsi à deux ans de power trio, suite au départ de Kid Congo Powers en 83. Toujours accompagné de Nick Knox, le quatuor persévère avec A Date With Elvis (1986) et Stay Sick ! (1990).
Mais les années 90 sont une sale période : à nouveau deux, Lux Interior et Poison Ivy se retrouvent au sein de line-up instables. Peu de gens les suivent encore, en dépit de trois albums au cours de la décennie. Leur côte de popularité reprend du poil de la bête avec le dernier album Friend of Dope Island en 2003, bon nombre attribuant la réémergence du Garage Rock comme raison principale. Mais Lux Interior s’éteint soudainement le 4 février 2009 des suites d’un problème cardiaque dont on connaissait déjà l’existence, à l’âge de 62 ans seulement. Il signe ainsi la révérence des Cramps…
Bien que n’ayant jamais été un groupe à grand succès, cette formation est cependant devenue une légende au fil du temps. Et même s’ils ne se considèrent pas comme en faisant partie (les Meteors se refusant à l’admettre par ailleurs), ils forment la première formation Psychobilly, genre qui trouvera donc des échos au Royaume-Uni, mais ne saurait résumer le style du groupe new yorkais. D’après eux-mêmes, le concept des Cramps était de faire un mix entre Carl Perkins et Shadows of Knight… Pari réussi !
The Cramps - I’m Cramped (Original Mix)
The Cramps - Thee Most Exhalted Potentate of Love (Live)
The Cramps - Tear It Up (Vidéo live très bordélique !)
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« Vous l’aurez compris, on attend avec impatience le prochain album […] et a priori, ça devrait envoyer sévère ! ». Ainsi se terminait notre dernier article sur ces fous furieux norvégiens… Et nos vœux ont récemment été exhaussés puisqu’un nouveau LP est sorti des studios GodCity, le même où le premier album éponyme avait vu le jour. Fort de son précédent succès, Kvelertak a remballé avec la même équipe composée de Kurt Ballou (Converge) à la production et de John Dyer Baizley (Baroness) pour l’artwork, deux musiciens à l’actualité chargée puisque leurs groupes respectifs ont également sorti leurs albums il y a quelques mois. Mais rentrons plus dans le détail histoire de voir ce que Meir a dans le ventre…
L’éternel problème pour ce type de groupe est toujours de confirmer, mais la formation de Stavanger a commencé l’aventure dès 2007 et semble parfaitement savoir où elle veut aller. Moins explosive que l’intro de Kvelertak, « Åpenbaring » prend le temps de faire monter la sauce. Rappelons que le groupe est composé de 6 membres dont un bassiste et surtout trois guitaristes loin de jouer comme des manches, ce qui est propice à des arrangements sympas. Plutôt mélodique avec de fortes influences Black Metal, ce titre est parfaitement dans l’esprit du groupe, sans se répéter pour autant. Les arrangements sont assez Rock ‘n’ Roll, ont remarque notamment que les blast sont assez courts et pas si nombreux. Même constat sur « Spring Fra Livet » (« Printemps De La Vie » en français), morceau bien sympa où le chanteur Erlend Hjelvik s’en donne à cœur joie, dans une ambiance globalement joyeuse même si toujours très efficace. Le début est assez Punk sur « Trepan », mais l’arrivée de la basse et des deux autres guitaristes apporte de la profondeur au morceau, tandis que la structure est loin d’être basique. « Bruane Brenn » est la première chanson à faire l’objet d’un clip. Pas vraiment révolutionnaire c’est vrai, mais c’est fun de se dire que les gamins -gars comme filles- de 10 ans écoutent ça là-bas (véridique !) et puis il est assez débile quand même. Le titre en lui-même est bien cool, alternant les ambiances et possédant un riff de base entrainant, renforcé par les cœurs. Le morceau suivant « Evig Vandrar » est basé sur une solide rythmique Rock qui dirige le morceau malgré quelques puissantes envolées. L’humour n’est jamais loin avec un passage acoustique et de bon vieux roulements de toms pour clore le tout.
On continue notre écoute avec « Snilepisk », qui aurait eu sans problème sa place sur l’album précédent, encore que l’influence orientale du break n’y aurait peut-être pas figurée. « Månelyst » (« Clair De Lune ») constitue l’autre clip de l’album. Pas plus sérieux que le premier, celui-ci parodie le genre de clip gore et surnaturel particulièrement apprécié par certaines formations du monde métalleux. En huitième position de l’album, « Nekrokosmos » est particulièrement réussie, semblant faire un peu un florilège de toutes les pistes musicales entamées par le groupe. Le rythme et les riffs changent constamment, laissant de nombreux passages sans chant. Encore une fois la fin n’est pas vraiment sérieuse puisque le son de batterie sonne carton et des applaudissements ont été rajoutés. Sur « Undertro », on a l’impression l’espace de 40 secondes que la moitié des pistes instrumentales on été oublié… Simple effet de style bien sûr. La vitesse est assez soutenue, mais l’atmosphère sonne volontairement trainant, du moins dans la première partie, la seconde semblant presque être un autre morceau rajouté. Exclusivement instrumental, celle-ci ressemble par certain point à une sorte de jam avec l’aspect brouillon en moins. Alors que la majorité des titres de Kvelertak naviguent autour de trois minutes, « Tordenbrak » en fait huit, soit la piste la plus longue de l’album. Le temps passe vite cependant. Le chant est particulièrement énervé, la basse rugit et la batterie marque le pas sévèrement. Pendant ce temps, les trois gratteux semblent conter une vraie histoire, revenant à chaque fois au thème de départ mais avec des arrangements différents, notamment lors d’un final apocalyptique… Franchement réussi ! Kvelertak est le nom du groupe et de leur premier album, mais aussi de la dernière piste de Meir et accessoirement la plus Heavy Metal. Le son est plutôt dense mais toutes les gimmicks du genre y sont (solos, chœurs, rythmique cloche, break sans les grattes…)
Bref, c’est peu dire qu’ils aient simplement confirmé… Au moins aussi bon que le précédent opus, Meir montre avec brio que le combo norvégien n’est pas prêt de s’apprêter en si bon chemin, comme en témoigne leur récente signature chez Roadrunners, label phare du Metal mais aussi de groupes plus surprenants dont ils font évidemment partie.
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Vous vouliez des infos sur les Daft Punk ? Bandes de petits groupies sans cervelles ! Bon ok, je sais qu’en disant ça je risque d’insulter la moitié des fans d’EDM de cette planète … Mais je prends le risque !
Les Daft Punk dévoilent enfin un nouveau sample d’une dizaine de secondes de leur futur opus Random Access Memories, pour continuer sur leur lancé de “producteurs mystérieux”. J’avoue que l’effet est réussi. Et ça sent très très bon si vous voulez savoir ! Voici donc quelques secondes de l’un des albums les plus attendus de l’année.
Et en prime le précédent extrait.
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Ils n’étaient déjà pas des masses à avoir survécu à l’arrivée des années 80. Et ils sont encore moins à pouvoir se targuer d’avoir duré jusqu’à aujourd’hui sans interruptions. UK Subs fait parti de ceux-là. Certes, les changements de line-up se comptent par dizaine, seul le chanteur Charlie Harper est encore présent, mais c’est toujours l’esprit des débuts qui anime cette formation Punk de la première heure.
Comme son nom l’indique, on arrive tout de même au 24ème album studio, piqure de rappel qui n’est pas de trop lorsque l’on s’attarde sur la discographie conséquente de ces anglais depuis 1976… Surtout que la première lettre de chaque album des UK Subs correspond à l’ordre alphabétique, il en fallait donc un paquet pour être rendu aussi loin qu’à la lettre “X” ! Ajoutez à cela d’innombrables lives, collaborations et autre best-of en tout genre, c’est donc sans étonnement qu’on apprend l’âge de Harper : 68 ans tout de même, mais toujours la pleine forme, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, on pense notamment à Mensi (Angelic Upstarts), obligé de s’assoir pour finir les concerts.
Pour en revenir à cet album, nous avons là 14 titres “électriques” pour le vinyl, auquels se greffent 12 titres “acoustiques” pour la version complète… Un LP bien fourni a priori, mais bon, d’autres en font des plus longs avec 2 titres seulement ! Tout commence sur l’efficace « Implosion 77 » dont le côté légèrement Hardcore nous renvoie paradoxalement plus vers 83-84 qu’au cours de la première vague Punk… S’ensuit « Coalition Government Blues » dont le titre correspond cette fois plus à l’ambiance du morceau. Harmonica et gros son ternaire sont au rendez-vous, le Blues est une influence que le groupe a toujours affiché (Charlie Harper vient de la scène Pub Rock, très influencée par la musique afro-américaine…). « Speed » et « Rabid » sont elles sévèrement explosives, avec une rythmique sauvagement D-beat et une ligne de basse rentre-dedans. Plus mélodique, « Monkeys » fait la part belle aux effets de wah wah mais sait rester intense, tandis que « Black Power Salute » rend hommage à Tommie Smith et John Carlos, ces deux athlètes américains suspendus pour avoir levé le poing sur le podium des JO de Mexico (1968), affichant leur protestation face à la ségrégation raciale aux USA. Vient ensuite « Las Vegas Wedding », titre au son crasseux mais accrocheur, aussitôt suivit de « Stare The Sun », un morceau plus lent mais franchement réussi. UK Subs en profite aussi pour rendre des hommages de manière évidente : « Garden of Good And Evil » n’est pas sans rappeler le ‘’Sonic Reducer’’ des Dead Boys, quant à « Wreckin’ Ball », celui-ci aurait pu sans peine s’afficher au sein de la discographie des Clash -encore que l’harmonica demeure vraiment la caractéristique des UK Subs. Entre les deux, une piste assez standard mais sympa (« Workers Revolution »), un titre légèrement plus relax (« Detox »). Enfin, la dernière ligne droite de cette partie électrique se fait de plus en plus intense, avec tout d’abord « Failed State », au rythme moins binaire que d’ordinaire, et « Momento Mori », morceau typiquement Street Punk partagé entre distorsions de guitare et chœurs réguliers.
La seconde moitié acoustique est assez variée, et de très bonne facture dans l’ensemble. Des morceaux enjoués (« Sleeping Rough » ou «Thunders In The Rain ») succèdent à d’autres plus mélancoliques («Confessions of A Dangerous Mind », « Four Strongs Mind » ou « The Outsider »). Le quatuor teste également, aussi bien les effets de guitare (« Metamorphosis ») que l’ambiance global, c’est le cas sur les très vintage « Higher Tide » et « Little Black Crow », la palme revenant sûrement à « Souls From Hell », bon vieux Blues qu’on croirait sorti du bayou américain ! Il arrive aussi que l’on soit agréablement surpris, en témoigne le pourtant très “dylanesque” « Angel of 8th Avenue » ou encore « Stormy Days », petite balade Folk accompagnée d’un tambourin (!) Par ailleurs, la formation n’oublie pas son côté contestataire en signant une chanson engagée, « Stop Global War », dont le titre suffit à elle-même.
Pas de doute, XXIV vaut franchement le détour, alternant beaucoup les ambiances, la vitesse, les influences, ce qui est satisfaisant à constater lorsque l’on considère la longévité de UK Subs, ces gars là ayant naturellement eu l’occasion de tomber dans la facilité ou la répétition. Une fois de plus, je ne peux que vous conseillez d’aller les voir en concert, ça profite à eux aussi bien qu’à vous ! Prochaines dates en France d’ici quelques jours, au Mondo Bizarro de Rennes le 5 et le lendemain à Vernouillet, accompagné par Charge 69…
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Attention, on s’attaque au patrimoine national ! Bérurier Noir, plus simplement connu sous le surnom des « bérus », c’est l’âge d’or de la scène indépendante française. Bien loin des groupes de connards pétés de tunes d’aujourd’hui, ce groupe de Punk destroy était directement issu des squats parisiens aux côtés de leurs congénères de Lucrate Milk ou de Ludwig Von 88, ce qui ne leur a pas empêché d’acquérir un certain succès jusqu’à aujourd’hui, alors même que de nouvelles rééditions de leurs albums viennent de sortir.
Les débuts du groupe se font en 1978, autour de Pierrot, Olaf et François, sous le nom de Bérurier. Fortement influencé par les premiers groupes de Punk français comme Métal Urbain, le trio adopte la même configuration avec une guitare très saturée et l’accompagnement de « Dédé » la boîte à rythme. Tous sont encore très jeune, et le premier se retrouve vite appelé pour leur service militaire, puis est emprisonné quelques temps pour désertion. Loran (ex-Guernica) les rejoints rapidement au poste de guitariste, mais c’est au tour d’Olaf de devoir abandonner le projet pour effectuer son service (il fonde Ludwig Von 88 immédiatement après). Finalement, un dernier concert en 1983 est donné à l’usine de Kali-Pao sous le nom de « Bérurier Noir », un haut lieu de la scène underground de l’époque.
Ironie de l’histoire, ce live connait un succès fulgurant, si bien que le duo se retrouve à enchainer les concerts parfois sulfureux aussi bien dans des salles que dans des squats, et commence à se faire un nom grâce au bouche à oreille, ainsi que par le biais des fanzines. Au même moment, leur premier album Macadam Massacre sort sur un petit label. Sombre et minimaliste, ce premier LP est profondément marqué par leur mode de vie alternatif, et les textes dénoncent les injustices de manière implacable tout au long du LP.
L’année suivante, le groupe arpente l’Europe, avant de revenir en 1985 pour tourner en France, continuant à jouer de manière plus ou moins légale, comme lors de manifestations réprimé par la police. Ils affirment même avoir eu à jouer avec leur masque à gaz une fois pour éviter les lacrimos…Vrai ou pas, ce qui est sûr, ce que leur concerts sont particulièrement mouvementés ! La même année, Lucrate Milk se dissous et le saxophoniste Masto rejoint les « bérus » pour l’enregistrement de Concerto pour détraqué. Sur la même lignée que son prédécesseur, ce LP innove cependant -outre la saxophone- par de nouvelles instrumentations tel que le sifflet sur « Le Renard ». Continuant inlassablement les concerts au fil des années, enchaînant les petits boulots pour vivre, le groupe n’oublie pas pour autant le studio avec Abracadaboum (1987) puis Souvent Fauché, Toujours Marteau (1989). « L’Empereur Tomato-Ketchup » réussit une percée inattendue sur NRJ (ça à bien changé !) et est critiqué par une petite partie de son public. Loin de s’être vendu, les compères poursuivirent comme ils l’avaient toujours fait. La presse spécialisé les ayant totalement ignorés se sent pourtant obligée de leur décerner le Bus d’Acier, auquel ils répondent par un doigt, puis accepte finalement pour le laisser trainer dans la boîte à outils de leur camion !
Sur scène leur configuration a changé depuis les débuts : à l’origine deux en concert, les Béruriers Noirs sont accompagné sur scène au fil des ans d’une équipe toujours plus grande de potes troublions déguisés en clown (eux aussi d’ailleurs) assurant les chœurs, le jonglage et l’ambiance globale, une sorte de fanfare punk en définitive ! Cela est d’autant plus drôle que leurs paroles sont toujours aussi amères… Rassemblant toujours plus de monde et s’offrant les plus grosses scènes (Zénith), le groupe se dissous à son apogée après 3 concerts à l’Olympia devenus cultes. Après une reformation temporaire entre 2003 et 2006 qui débouche sur un dernier album baptisé Invisible (2006), le groupe se dissous définitivement.
Aujourd’hui, les « bérus » ont toujours une forte notoriété et représente la figure de proue de la scène alternative française de toute époque. Pour l’épilogue, François parle assez couramment le vietnamien et travail au CNRS, tandis que Loran continue d’écumer la France aux côtés des fameux Ramoneurs de Menhir. Je ne saurai trop vous conseiller de jeter une oreille sur ce groupe qui rend fière d’avoir quelques bonnes formations dans ce pays tout de même !
Bérurier Noir - La Mort Au Choix
Bérurier Noir - Porcherie (Live)
Bérurier Noir - L’Empereur Tomato-Ketchup
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Et soudain la brutalité fût. La brutalité suprême je dirais même plus. Ce moment, ça c’est passé en 1981 : dernier de la lignée Punk, Napalm Death incarne les débuts d’une des nouvelles formes de haine musicale en provenance d’Angleterre. Bon honnêtement ils ne sont pas les seuls et uniques créateur du Grindcore, mais bon, le constat c’est qu’ils sont aujourd’hui devenus une énorme référence. Et surtout que ces mecs là ont encore de la colère à revendre, c’est le moins que l’on puisse dire !
Quinzième du nom mine de rien, Utilitarian à pour originalité de vous faire déblatérer plein de grossièretés du style « Putain ! Ces gars-là sont des tarés » ou « Bordel ! Où est passé mon cerveau ?! ». Et accessoirement de vous faire kiffer, même sans cervelle. Sans précipiter les choses, Napalm Death débute les hostilités par « Circumspect », une intro mid-tempo ou les profondeurs des roulements de toms vous soulèvent les tripes !Et puis ça fait mal : « Errors In The Signals » est bourré de blast perpétuellement cassé, non sans mélodie et changement d’intensité, comme le montre le break à la moitié du titre. Idem pour « Everyday Pox », très bonne track ou le chant de Mike Greenway est couplé à des effets de sax rappelant le bruit de freins mal graissés ! Plus loin, on est même surpris à entendre cette voix trafiquée sur le titre « The Wolf I Feed ». En continuant sur « Quarantined », le constat est implacable. Le mauvais album de Napalm Death, ce ne sera pas pour cette fois-ci ! Riff aiguisé, originaux, textes toujours aussi engagés, une batterie nickel… Le quatuor n’hésite pas à prendre quelques risques, comme sur « Fall On Their Sword », particulièrement marqué par passages plus relâché où la basse Shane Embury peut vrombir à plaisir. La formation anglaise fait parfaitement le lien avec les albums précédents ceci dit, comme en témoigne « Protection Racket » ou « Collision Course ». Le taux d’agressivité est assez élevé d’ors et déjà, non sans renier la musicalité pourtant.
Mitch Harris partage le chant avec Greenway sur « Orders of Magnitude », et cette alternative n’a sûrement pas été placée par hasard au milieu de l’album. Ça repart de plus belle sur « Think Thank Trials » puis « Blank Look About Face », dont le titre jappé en série puis les effets de profondeurs apporte clairement un côté bien sympa à l’ensemble. Sur la douzième track « Leper Colony », c’est notamment le jeu de Danny Herrera qui m’a la plus impressionné : il est vrai que ce batteur fait parfaitement le boulot sur tous les titres, et celui-ci est probablement un des meilleurs pour se rendre compte de l’aspect machine de guerre qu’il sait imposer ! Le titre suivant (« Nom de Guerre ») –en français s’il vous plaît ! – renoue avec la tradition old school du grind, dans un morceau qui dépasse de peu la minute, à l’image de la jaquette dans le style du premier véritable album Scum (1987). « Analysis Paralysis » aurait lui très bien pût apparaître sur un album comme « Time Waits For No Slave », tandis que « Opposites Repellent » est un condensé de violence ! Déjà arrivé au 16ème titre, et pourtant ça coule de source : Napalm Death sait varier les dynamiques pour accrocher l’auditeur jusqu’au bout, quelques soit la longueur total de l’opus en question. « A Gag Reflex » clôture en théorie cet album avec réussite, mais –petit veinard que nous sommes– avons aussi profité du Bonus « Everything In Mono », dont le titre évocateur offre un super morceau riche en rugissements !
Utilitarian a le nécessaire pour rester dans le top de la discographie de Napalm Death. Avec un line-up stable depuis plusieurs années déjà (qui contraste avec les années antérieurs, bien que cela n’ai pas joué sur la qualité des anciens albums), le groupe de Birmingham a développé des automatismes dont on se réjouit, aussi bien en Live qu’en Studio. Vivement le prochain !
Napalm Death - Errors In The Signals
Napalm Death - The Wolf I Feed
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« Fucked Up, Got Ambushed, Zipped In », tel était le code utilisé par les soldats américains lors de la guerre du Viet Nam à la suite d’une embuscade. C’est ce même sigle qui fût repris une dizaine d’années plus tard par un nouveau groupe qui a depuis marqué le Rock, que ce soit d’un point de vue musical ou vis-à-vis de leurs méthodes de promotions, nommé Fugazi.
Ian McKaye n’en ai pas à ses premières armes lorsqu’il fonde le groupe en 1986, puisqu’il s’est déjà fait connaître quelques années auparavant au sein de Minor Threat, groupe de Punk Hardcore parmi les plus reconnus qui aient existés (ils sont notamment les initiateurs du mouvement Straight Edge malgré eux, puisqu’ils ne s’en sont jamais revendiqué..). A l’époque, McKaye n’a pas de vision à long terme pour cette formation, il souhaite juste prendre du plaisir en jouant de la musique. Il s’entoure de Joe Lally à la basse et de Colin Sears derrière la batterie, mais ce dernier part vite retrouver ses compères de Dag Nasty. Brendan Canty (Rites of Spring) fût désigné remplaçant, et le trio débuta ses premiers concerts en 1987, période durant laquelle ils adoptèrent le nom « Fugazi ». Quelques temps après, le chant fût délégué à Guy Picciotto, un ami de Canty, qui avait déjà pris l’habitude de faire les chœurs au répèt’ du groupe.
En 88, après deux Maxis et une longue tournée, la carrière de Fugazi est définitivement lancée, et elle se poursuit avec leur premier album Repeater (1990). Entre temps, Picciotto est devenue guitariste à son tour, et il partage le chant avec McKaye. Avec une promotion pourtant quasi-nul, la formation de Washington parvient à vendre pas moins de 100 000 copies, ce qui est une performance assez rare pour un groupe indépendant (en tout cas à cet époque). Fugazi est par la suite sollicité par bon nombre de majors de l’industrie du disque, mais le quatuor décide de leur faire un gros doigt d’honneur et préfère rester dans le circuit indépendant, jouant ainsi un grand rôle dans l’émergence du Rock Alternatif des années 90. Fidèle aux principes punks, ce groupe a quasiment toujours tenu son engagement de faire payer ses concerts ou ses albums autour de 10$ maximum. La formation va s’illustrer pendant encore une grosse décennie, en sortant cinq autres albums et deux maxis supplémentaires, jusqu’à ce qu’un stand-by à durée indéterminée soit annoncé après la sortie du dernier album The Argument (2001)… et qui dure encore aujourd’hui !
Alors bien sûr, la principale question qui demeure est la raison de leur succès. Il faut en premier lieu remarquer qu’en dépit de sorties de Live “officiel”, ce groupe demeure taillé pour la scène et est réputé pour avoir donné sa pleine mesure devant un public*. Avec des influences Hardcore indéniables et des structures originales, Fugazi est souvent décrit comme une des influences majeures d’un genre éclectique baptisé Post Hardcore. Attention, je ne parle pas indirectement ici de l’Emocore pourri fait par ces mécheux poseurs, dont certains se reconvertissent en Super DJ 2000 pour faire danser les foules d’abrutis ! Le Post Hardcore à effectivement joué en rôle dans l’émergence de ce mouvement, notamment en ce qui concerne l’alternance de passage franchement intenses et de moments plus calme, tant au niveau de l’instrumentation que du chant. Mais revenons-en à Fugazi, dont le jeu entre les deux guitares ont permis de créer un son unique, parfois clairement dissonants, mais redoutablement efficaces. D’un point de vue rythmique, les parties de batterie inventives mais jamais trop complexes sont un vrai régale, idem pour la basse qui fait plus que “tenir la maison”, et contribue largement à l’ensemble. Question lyrics, ont retrouve la même chose qu’avec les guitares, avec des thèmes engagés ou abstraits selon les cas, et qui dépendent surtout du parolier (Lally à lui aussi contribué aux textes sur certains titres).
Que dire de plus, sinon de vous jeter sur la discographie de ce groupe hors-norme… Reste à savoir si le hiatus dans lequel le groupe se trouve depuis 10 ans va rester en l’état ou évolué, vers le positif de préférence !
Fugazi - Public Witness Program
*Leur label Dischord (pour Fugazi) a réédité à partir de 2004 de nombreux lives fait par le groupe, désormais disponible en téléchargement offrant la possibilité à l’acheteur de donner ce qu’il juge suffisant, en expliquant le motif (le prix de base revient à 5$…)
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Le Grindcore demeure jusqu’à maintenant un des moyens les plus rapides pour chopper des acouphènes. Mais c’est avant tout un style surpuissant, marqué par une violence extrême et un tempo vous rapprochant fortement de la crise cardiaque. Bref, le bourrin à l’état pur !

Le plus drôle avec ce style c’est que l’on part dans l’idée de juste « découvrir », et que finalement on reste à accrocher, parce que putain, qu’est-ce que c’est cool ! Le drummer assure le show en assenant des blasts cinglants, tout en restant étrangement stoïque la plupart du temps… Les gratteux enchaînent les riffs binaires, pendant que le bassiste finit par saigner des doigts à force de balancer du son. Reste le « chanteur », s’il est possible de l’appeler comme ça, vu comme il est dur de décrypter les rares paroles vraiment construites ! Tout ça, pour dire que le Grind est truffé de chants gutturaux appelés Grunt, pouvant être très graves, mais aussi très stridents (cette technique de chant nécessite un réel entrainement avec contrôle du souffle & cie, si, si !) A côté de ça nous, on se fait décalquer, rien qu’avec des oreillettes. Je ne vous parle pas des lives… Mais l’intérêt du Grindcore n’est pas là évidemment, ça reste surtout la musique parfaite pour se vider le cerveau et se défouler à mort !
« Mais dis moi Jamy, d’où ça vient ? » Eh bien c’est très simple : en gros, le Grind est un mix de Death Metal, et de Punk Hardcore politisé, le Crust. Je vous présentais il y a quelque temps son frangin, le Crossover Thrash (article Thrash Metal). Ces deux styles constituent des exemples parfaits de mélange entre Metal et Punk, si bien qu’on ne sait plus trop où les ranger. D’autant qu’il existe d’innombrables sous-genres, aux thèmes tous très romantiques : Goregrind, Porngrind, Noisecore, ce dernier constituant le summum en matière de musique extrême ! A côté de ça, des groupes parodiques particulièrement appréciés en France existent aussi, du genre Ultra Vomit ou Gronibard ! Et pour finir, d’autres se rapprochent de leurs origines stylistiques, comme le Power Violence, qui se rapprochent plutôt du Crust au niveau de l’engagement politique surtout, où le Death Grind. A noter que ce dernier ne doit pas être confondu avec le Brutal Death Metal, qui, bien qu’il possède plusieurs points communs avec lui, reste une forme de Death Metal pure (on remarque notamment que les blast beats n’y sont pas récurrents…)
D’ailleurs, ces fameux blast sont apparus en même temps que le Grind dans le milieu des années 80, avec des groupes comme Brutal Truth, Repulsion ou Napalm Death. Le batteur de ce dernier, Mick Harris (article Scorn) les a grandement popularisés dans la scène extrême. Durant ses débuts, on raconte qu’il faisait trembler les verres lorsqu’ils jouaient dans les bars, et faisait des concours avec le batteur de Heresy ! Mais Pete Sandoval (Morbid Angel), ou Charlie Benante (Anthrax, S.O.D) en ont usé à la même époque, et DRI est considéré comme le groupe les ayant inventés… Si bien qu’au final on s’en fout un peu de savoir qui a fait quoi !
En tout cas, quoi de mieux pour déverser votre haine l’espace de quelques secondes ? Sachez que « You Suffer » de Napalm Death figure dans le Guiness Book des Records pour être la chanson la plus courte de tout les temps avec 1 seconde et quelques ! Alors si vous êtes d’un tempérament agressif, n’hésitez pas à vous avalez un album entier, même si il contient une quarantaine de titres !
Quelques artistes à découvrir :
Crossed Out
Electro Hippies
Final Draft
Hellnation
Intense Degree (petite biographie)
Scholastic Death
Et notre playlist (avec d’autres groupes non-cités) :
Extreme Noise Terror - Shock Treatment
Napalm Death - Time Waits For No Slave
Last Days of Humanity -Sewing Up The Abdominal Rupture For The Successive Acts Of Degradation
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De retour en mars 2011, 4 ans après leur dernière galette dénommée Warrior, les piliers du Hardcore New Yorkais nous reviennent près à nous botter le cul avec ce nouvel album orné d’une bonne paire de Rangers toutes scintillantes ! Et on ne va pas bouder notre plaisir de les retrouver pour ce 10 ème album qui envoie dur !
Symbole du gros son « crossover » qui a fait la réputation de New York dans les années 80, Agnostic Front est resté indissociable du célèbre et regretté CBGB’s, club mythique ayant vu défilé les Ramones, Television, Patti Smith, et toute une flopée de groupes tous plus reconnus les uns que les autres. C’est dans ce lieu chargé d’histoire que Roger Miret et Vinnie Stigma font leurs premières armes, aux côtés de Sick of It All, Murphy’s Law, Warzone ou les Bad Brains, qui tous vont permettre au CBGB’s de rester en vie après la fin de la première vague Punk, jouant gratos la plupart du temps.
Depuis, le line up a changé, Miret a fait de la taule, et la formation a dû s’arrêter pendant quelques années, mais finalement, Miret (chant) et Stigma (gratte) sont toujours là, indécrottables ! Désormais accompagné de Mike Gallo à la basse depuis 2001, Agnostic Front a également vu l’arrivé de deux nouveaux en la personne de Joseph James comme second guitariste et de Pockey Mo pour frapper derrière tout ça ! Et le résultat ? Dément !La batterie bien grasse donne l’impression de cavaler, assenant crashs sur crashs, accompagné par une basse rugueuse, et des riffs de grattes servant à merveille les cœurs puissant que l’on retrouve dès la première chanson « City Streets » ou sur « Us Against The World ». La voix si particulière de Roger Miret est toujours là, avec une retenue pleine de cynisme, mais emprunte d’une rage prête à éclater comme sur « You Worst Enemy ». Les revendications soutenues par le groupe se déversent titres après titres, avec même une chanson en espagnol : « A Mi Manera » (les parents de Miret ont fui le régime de Castro lorsqu’il était jeune pour s’installer sur la côte est…). Quant à la production, elle revient à Freddy Cricien, chanteur de Madball, ainsi qu’à Erik Rutan (Hate Eternal) pour le mixage un peu « trashy ».
Au final, le rendu sonne de manière très convaincante, avec un son assez propre qui n’enlève rien au côté bourrin de l’affaire… Bref, une bonne claque qui donne envie de tendre l’autre joue en quelque sorte !
Agnostic Front - Us Against The World
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Dezerter…quézaco? Inutile de chercher plus loin, ça veut tout simplement dire “déserteur”… mais en quelle langue S.V.P ? En polonais pardi ! Eh ouai, y’a pas que les anglophones qui font des trucs cool, ça bouge à l’Est aussi !
Enfin je dis ça, mais ça fait 31 ans que Dezerter (prononcé “dézèltèl”, en roulant les “r”) écume les scènes… Lorsque le groupe se fonde en 1981, c’est sous le nom de SS-20 qu’il se fait connaître sur la scène punk de Varsovie, à l’occasion d’un petit festival. Peu de temps après, ils sont contraint par le régime communiste à changer de nom, jugé trop provocant par le régime de Jaruzelski (ce nom de code désigne des missiles balistiques soviétiques…). Ils choisissent donc celui de Dezerter, qui pour l’époque reste quand même pas mal dans le genre ! Là vous commencez à vous demandez comment ça se fait qu’un groupe de Punk puisse exister dans un pays satellite à cette époque, ce qui est difficilement compréhensible en effet!
A cette époque, l’URSS est gouverné par Brejnev, dans une phase historiquement appelé “Immobilisme”. Dès lors, certains groupes de Punk réussissent à se former au sein de la Pologne - comme dans d’autres états satellites d’ailleurs -: Dezerter donc, mais aussi Deuter, TZN Xenna… Cependant, leur activité est régulièrement dérangée par la censure. En cause, des paroles particulièrement virulentes envers la dictature et la situation sociale. Si bien que pour Dezerter, les membres de la formation se retrouvent obligés de changer régulièrement de nom, afin d’être moins repéré, notamment sur les affiches de concerts, tout en restant reconnaissable des fans. De-zerter ou The Zerter en sont de bons exemples…
En tout cas, c’est seulement peu de temps avant l’implosion du bloc de l’Est que nos polonais parviennent à enregistrer leur premier album Kolaboracja (1987), et à sortir la même année leur live qui reste le plus connu: Underground Out of Poland, enregistré en 1983 et suivi par 20 000 personnes ! Aujourd’hui, tout a bien changé. Mais Dezerter est resté, devenant l’un des groupes emblématique du mouvement anarcho-punk polonais, jusqu’à ce dernier album, Prawo Do Bycia Idiotą.
Il fût un temps ou Dezerter figurait parmi les groupes les plus rapides au monde, jouant un Punk Hardcore assez sauvage. Depuis plusieurs années déjà, le groupe s’est modéré, principalement car les membres ne sont plus tout jeune, mais leurs textes sont toujours aussi « salés » ! Alternant anglais et polonais, la formation délivre un Punk Rock engagé, mais tout à fait écoutable pour les plus réticents. Le guitariste-chanteur Robert « Robal » Matera, membre fondateur, se charge de la compo, et signe de super riffs de guitare sur cet album, tout en assurant le chant sans fausses notes. De son côté, Krzysztof Grabowski - batteur et fondateur du groupe également – tient parfaitement le rythme sans en faire trop, pendant que la basse grondante de Jacek Chrzanowski apporte du volume à l’ensemble, tout en contribuant clairement à la mélodie. Vous l’aurez peut-être remarqué, le Punk polonais (et la musique polonaise en général) est très marqué par la mélodie, si bien que Dezerter possède un son très particulier pour ce style de musique, qui a fait leur réputation.
“L’exotisme” de ce groupe ne doit surtout pas vous arrêtez, d’autant que le polonais est une langue plaisante à écouter – d’autant que c’est la seule langue slave à avoir notre alphabet latin; et leur musique est très accessible, alors n’hésitez pas, foncez !
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Et revoilà ces maudits irlandais ! Où plutôt leurs ancêtres, puisque aucun des membres actuels ne sont nés en Irlande, mais plutôt dans la région de Boston aux USA… Pourtant c’est vrai qu’à première vue on ne ferait pas trop la nuance ! Quoi qu’il en soit, la sortie il y a un an de leur dernier album va nous permettre de revenir sur ces références de la scène Oi! américaine, qui ont su populariser petit à petit la musique traditionnelle irlandaise depuis maintenant 16 ans.
Comme je le disais donc, Dropkick Murphys a vu le jour en 1996 à Quincy, une ville limitrophe de Boston, Massachusetts, au cœur d’une communauté d’anciens émigrés Irlandais. Très attaché à ses origines, c’est notamment lors des fêtes de la St Patrick que Dropkick Murphys a gagné en notoriété, jouant un savant mélange de Street Punk et de musique trad’ celtique, enchaînant tour à tour chansons de Punk Hardcore avec des hymnes Folk - adaptés ou composés d’ailleurs…si bien qu’on le considère comme un des principal pionnier du Punk Celtique (bien qu’ils citent The Pogues comme une influence énorme), un genre de musique que les bretons apprécie particulièrement !
Actuellement Dropkick Murphys compte pas moins de 7 membres, dont plusieurs manient certains instruments plus ou moins traditionnels: bodhrán, cornemuse, tin whistle, mais aussi mandoline, banjo ou accordéon ! A cela s’ajoute bien sur les habituelles guitares, basse et batterie, car ce groupe n’en reste pas moins une formation Punk, qui sait envoyer la sauce ! Et justement le live, ils connaissent bien les bougres, et ce n’est pas un hasard si l’édition Deluxe de cet album contient le live au Fenway Park - un stade de Baseball, car il faut savoir que Dropkick Murphys soutient de nombreuses formation sportives, notamment de hockey et de baseball…
Venons-en à l’album en lui même maintenant. Going Out In Style a beau être leur 7ème album studio, il n’en reste pas moins le premier album-concept de la bande, retraçant la vie de Cornelius, un irlandais ayant émigré aux États-Unis… Bien que ce personnage soit fictif, une majorité de ses aventures ont été vécus par les grand-parents des musiciens du groupe, apportant un côté très réalistes aux paroles des titres. Côté son, la critique a très bien reçu l’album, et je la rejoindrais en affirmant que leur musique est toujours plus éclectique à chaque fois, servant vraiment le récit des aventures de cet homme. Pas mal de chansons sont vraiment cool à reprendre en cœur, d’autant plus que le chant est plutôt rageur ! Comme toujours, une reprise de chanson très traditionnelle arrive en dernière place, avec The Irish Rover.
Going Out In Style est le parfait exemple nous montrant que Dropkick Murphys en a toujours sous le pied, d’autant qu’une suite a été annoncé fin 2011. Et je peux vous assurez que vous n’avez pas fini d’en entendre parler !
Dropkick Murphys - Hang ‘em High
Dropkick Murphys - Memorial Day
Dropkick Murphys - Broken Hymns
Dropkick Murphys - Deeds Not Words
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Depuis que Dave Allen et Hugo Burnham – bassiste et batteur respectif du groupe originel (le premier en 1981 et le second en 2006), Gang of Four n’est plus tout à fait cette bande de potes revenues déterminés de leur séjour à New York, après avoir été frappé par les performances de Television et des Ramones au mythique CBGB’s… Car tout cela date d’il y a 35 ans ! Le Punk était en pleine effervescence, et les quatre étudiants de Leeds préparaient déjà la suite, à l’aube des années 80. Mais il ne faut pas « vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué » comme on dit souvent, et malgré la gloire quelque peu passée du premier album Entertainment ! (1979), Gang of Four nous invite une nouvelle fois à s’intéresser à leurs derniers travaux, six ans après le timide retour de Return The Gift (2005).
Bien que le titre de l’album nous y invite – « content » signifie « contenu », « teneur » - je ne vais pas tenter vainement une simple évaluation de ce dernier album ici, ayant toujours trouvé le principe des notes très scolaire comme façon d’aborder la musique… Juste voir ce que ces références du Post Punk ont encore dans le ventre ! En effet, Gang of Four s’est fait connaître rapidement par un mélange pour le moins original : de nombreux éléments funk viennent s’incorporer à leur musique dès leurs débuts, non sans renier pour autant le côté rock et engagé cher au mouvement Punk. Un côté politisé que le retrouve dans le titre – la bande des quatre désigne une faction communiste accusé d’avoir perpétré la « Révolution culturelle chinoise » peu après la mort des Mao… Idem pour la jaquette de leur premier album Entertainment !, où l’on peut observer trois images avec pour légende «L’Indien sourit, il pense que le cowboy est son ami. Le cowboy sourit, il est heureux que l’Indien ait été dupé. Maintenant il peut l’exploiter.»
Musique maintenant, comme promis ! On commence par la rythmique, avec une basse toujours aussi « dansante » : Thomas McNiece a tout compris, et colle parfaitement à l’univers du groupe, avec des partoches assez inspirées. La batterie de Mark Heany tout en syncope fait honneur à son prédécesseur, avec cette touche « funky » qui a fait la réputation du groupe ! Passons à Andy Gill, dont les riffs saccadés restent bien dans l’esprit (je pense notamment à « I Party All The Time »). Quant à Jon King, il n’a visiblement pas baissé niveau chant, bien que les paroles manquent peut-être un peu de modernité (les titres des chansons « Who Am I !» ou « Second Life » évoque des thèmes assez récurrents dans le Punk…) Je ne vais pas vous mentir, certaines chansons sont quand même moins cool, à l’image de « It Was Never Gonna Turn Out Too Good », qui fait place à une voix de vocodeur façon Daft Punk assez mal penser je trouve…
Mais bon, le « gang des quatre » peut être fier du résultat même si on sent une forte nostalgie des premières années tout au long de cet album… Ce qui peut être compréhensible d’ailleurs ! Mais contrairement aux communistes chinois dont ils s’inspirent, cette formation anglaise risque de refaire parler d’elle encore quelques temps !
Gang of Four - She Said’ You Made A Thing of Me’
Gang of Four - I Party All The Time
Gang of Four - It Was Never Gonna Turn Out Too Good
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Voilà l’exemple type du genre de musique dont on croit savoir ce que c’est, sans que ce soit le cas ! Tout juste si on connaît Dub Incorporation et encore -qui n’est pas un groupe exclusivement Dub d’ailleurs ! Mais ne vous inquiétez pas, NTX va vous faire une petite présentation…Oh non, une grosse présentation sera nécessaire plutôt !

Pour commencer, le Dub est un genre provenant du Reggae, à ceci près que les instruments typiques sont la basse, la batterie -jusque là pas de surprise!- et…la table de mixage! En effet, le Dub est très dépouillé (encore plus que le Roots) et utilise peu le chant, encore moins les claviers et la guitare. Le secret de ce style réside dans les effets sonores -pas étonnant qu’il fut inventé par un producteur. Ces derniers sont omniprésents quelque soit la chansons, tel que l’écho, la réverbération, le phaser…
Ce genre est apparu au cours des années 70, initié par King Tubby, un producteur Jamaïcain de Reggae donc. Connaissant rapidement le succès au cours de soirées, Tubby commence par la suite à produire des albums: en 1973, il mixe Blackboard Jungle Dub de Lee “Scratch” Perry, qui deviendra une des légende du Reggae (à noter qu’il sera également producteur de Dub par la suite). Par ailleurs, Lee Perry révèlera les meilleurs sections rythmiques (basse+batterie) de Reggae dans son groupe The Upsetters: les frères Barrett, qui rejoindront par la suite les fameux Wailers, ou Sly & Robbie qui joueront un rôle important dans le développement du genre.
Le style connait son apogée entre 1972 et 1984. En Jamaïque, il sera progressivement remplacé parle Rub-a-Dub mais il connaitra un nouvel essor en Angleterre à partir de la 1ère vague Punk, qui se poursuivra dès lors. La raison est simple: vers 76-77, peu de punks avaient pu sortir de CD, c’était donc le Dub qui était diffusé dans les clubs. Il inspirera plus d’un groupe, et parmi eux beaucoup de groupes de punks d’ailleurs: Clash, Ruts, Stranglers, Slits, Bad Brains, Killing Joke….
Tandis que le Dub perd de son aura en Jamaïque, l’Angletterre continue
à développer le genre dans le courant des 80’s, notamment avec deux personnes qui deviendront des références, les “gourous” du mixage si l’on veut: Mad Professor et Adrian Sherwood. Leurs ouvertures musicales vont leurs permettent de transformer le Dub, en le mixant avec d’autres styles de musique, et de faire de nombreuses expérimentations d’une grande importance pour la suite…
King Tubby meurt assassiné en 1989, au moment ou la musique électronique commence à battre son plein. Pendant que The Orb apporte une touche Ambient à ce style, Zion Train, The Disciples ou Alpha & Omega le radicalise en créant le Neo Dub. Dès lors, le Dub n’aura de cesse de muter, attiré par tous les styles: Dub “Minimaliste” en Allemagne”, “Industriel” pour Scorn, Dub “Metal” avec Dub Trio…
Aujourd’hui, de nombreux sous-genres existent, et deux scènes ont fait parler d’elles ces dernières années: le Novo-Dub en France, qui le mêle au Rock ou au Hip Hop. C’est le cas de High Tone, Le Peuple de L’herbe… Quant au Dubstep, c’est devenue un genre à part entière qui a connu le succès qu’on lui connait !
Voici notre liste d’artistes habituelle, à écouter sans modération -hésiter pas à forcer un peu les basses, on a qu’une vie !
-King Tubby
-Lee Scratch Perry*
-Tappa Zukie
-Augustus Pablo**
-Sly & Robbie
-Prince Far I
-King Jammy
-Scientist
-Jah Wobble (+ label)
-Zion Train
-Adrian Sherwood
-Mad Professor (+ label)
-High Tone
-Le Peuple de L’Herbe
-The Dub Machinist
-The Orb
-Rhythm & Sound
-Dub Trio
-The Disciples
-Alpha & Omega
*En tant que producteur, car Lee Perry s’est également produit comme chanteur dans un registre plus Reggae
** Augustus Pablo assure aussi au mélodica, et se sample lui-même d’ailleurs
Augustus Pablo - The Big Ripp Off
Billy Boyo - Wicked She Wicked
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Profitez bien de cet album car il a failli ne pas sortir ! En effet, le dernier album des Beastie Boys était prévu pour 2009 à l’origine, puis 2010, avant de paraitre en avril dernier seulement. Enfin, il y avait de quoi s’inquiéter vu que l’origine de ce report était la découverte d’une tumeur cancéreuse chez Adam “MCA” Yauch…Heureusement, il va beaucoup mieux, et pour notre plus grand plaisir.
Par ailleurs, cela faisait depuis 2004 et To The 5 Boroughs que l’on avait plus entendu le trio “rapper”, puisque The Mix-Up de 2007 était entièrement instrumental. Et rassurez vous, ça envoie toujours autant, 30 années après leurs débuts (25 si on ne compte pas leur période Punk Hardcore des débuts). Au final, cet album devait être la “Part. 1”, mais l’ajout de nouvelles chansons à l’album initialement prévu à changer la donne… On se retrouve avec deux disques donc. Par ailleurs, remarquez le côté particulièrement barré de la jaquette qui pique les yeux !
La première chanson “Make Some Noise” nous met tout de suite dans le vif du sujet avec une énergie qui nous rappelle celle des premiers albums. Vite, la suite ! Comme annoncé, cet album comporte des sons “bizarres”, comme en témoigne “Say It” ou “Tadlock’s Glasses”, ainsi que des chants souvent trafiqués ou volontairement couverts sur nombres de pistes tel que “OK”, ou “Funky Donkey”. On retrouve des collaborations également: NAS pour “Too Many Rappers”, et “Santigold”, dont les influences dub-reggae rompt avec le reste de l’album. On retrouve également plusieurs courtes chansons disséminées tout au long de l’album, qui se termine sur deux pistes de moins de deux minutes chacunes, histoire de bien finir !
Je rejoindrais les autres critiques déjà faites pour vous inciter fortement à écouter ce LP qui sent bon leur Rap des débuts, avec cette touche Punk qui a faite leur renommé. A presque 50 ans, les trois compères sont loin d’avoir rendu l’âme, d’autant qu’il y a pas mal d’éléments novateurs au final.
Beastie Boys - Make Some Noise
Beastie Boys - Too Many Rappers [New Reactionaries Version] (featuring NAS)
Beastie Boys - Don’t Play No Game That I Can’t Win (featuring Santigold)
Beastie Boys - Lee Majors Come Again