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L’Acid House

L’Acid, un vaste sujet. Trop pour qu’on en fasse le tour d’ailleurs… L’occasion de s’intéresser tout particulièrement à l’Acid House, premier sous-genre à incorporer ces sonorités si particulières au sein des divers titres, et à l’origine d’un pan entier de l’histoire de la musique électronique. D’autant que tout débute par hasard, comme c’est souvent le cas dans d’autres domaines…

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Au début des années 80, l’entreprise japonaise Roland développe un nouveau type de séquenceur, destiné à reproduire le son d’une basse pour accompagner les guitaristes lorsqu’ils s’entraînaient seuls. Produit pour la première fois en 1982, l’appareil sort des usines un an et demi seulement, temps nécessaire pour se rendre à l’idée que cet objet comporte un gros défaut: la machine marche très bien, et elle remplirait très bien son rôle si ce n’était qu’elle ne reproduit absolument pas le son d’une guitare basse ! Naturellement vouée à tomber dans l’oubli, la Roland TB-303 s’offre étonnamment une seconde vie quelques années plus tard. Alors que la House bat son plein à Chicago, quelques DJs en quête de nouveau sons découvrent le potentiel improbable de cet engin une fois bidouillé, ces effets si caractéristique que le mot ‘’acid’’ décrit à la perfection (et ce, bien que l’on ne puisse pas affirmer avec exactitude l’origine de ce terme). Il semblerait que le premier morceau ‘’acid’’ de l’histoire à connaitre un certain retentissement serait « I’ve Lost Control » de Sleezy D (1985), produit par Marshall Jefferson. Deux ans plus tard, c’est également lui aux commande sur le titre « Acid Tracks » de Phuture (rebaptisé Phuture 303 depuis), l’hymne Acid qui consacre ce style et propulse DJ Pierre -le principal membre de Phuture- au rang des maîtres de l’électronique.

Dès lors, on assiste à la déferlante. Les tubes empreints d’Acid se succèdent, et de nombreux artistes de la scène de Chicago deviennent incontournables : DJ Pierre bien évidemment, mais aussi Armando, Adonis, Lil Louis, Fast Eddie… Le Royaume-Uni est lui aussi rapidement frappé par le nouveau phénomène, avec des groupes comme 808 State, et notamment A Guy Called Gerald, mais aussi S’Express qui atteint le sommet des hit-parades à plusieurs reprises. Ce sont également les britanniques qui commence à ‘’l’exporter’’ vers d’autres styles : KLF qui y apporte des traits Hip Hop, Psychic TV dans une veine plus New Beat, ou encore The Shamen qui commence à marier Acid House et Techno, peu avant que Joey Beltram ou les allemands de Hardfloor ne s’engouffrent dans la brèche. Depuis, l’Acid a influencé de nombreux autres genres : Techno donc, mais aussi Trance, Breakbeat et même au sein des mouvements de free parties, pourtant assez éloignés de l’ambiance clubs des touts débuts.

Un spectre assez large donc, mais l’Acid ne se résume pas seulement à l’aspect musical, et c’est cela qui en fait un mouvement à part entière. Le smiley jaune, anonyme mais heureux, devient le symbole du mouvement, notamment en Angleterre, mais les médias attaquent assez vite en mettant en cause l’usage vraisemblablement abusif des drogues psychédéliques, publicité qui va quelque peu plomber la scène.

Ces derniers temps, on a assisté à un vrai revival Acid, dans la House mais aussi au sein des scènes Techno et Hardcore, l’occasion de découvrir de nouveaux artistes marqués par cet héritage mais aussi de retrouver certains vieux morceaux tombés en désuétude. C’est le cas avec l’album Synthesizing: Ten Ragas to a Disco Beat, de Charanjit Singh. Ce producteur indien avait sorti dès 1982 cet album très Acid basé sur des ragas traditionnels, mais son échec commercial l’avait fait basculer dans l’oubli. Ce n’est qu’en 2002 qu’il refait surface, et c’est surtout avec sa réédition en 2010 (qui correspond au début de ce revival) que ce vieux LP a pu être reconnu à sa juste valeur, tant au niveau musical que pour son rôle prépondérant dans l’histoire de l’Acid.

Encore aujourd’hui, ce genre reste déterminant dans la musique électronique. Le respecté DJ Pierre affirme le ressentir dans les productions récentes de LMFAO ou Skrillex. Certes, je reconnais volontiers que ça ne saute pas aux yeux, et que cela sauve d’autant moins leur soupe commerciale, mais le maître a parlé ! 

Ci-joint une liste non-exhaustive d’artistes pouvant être classé comme Acid House, certains sont cités plus haut… Attention, certains ne peuvent pas  être rangés exclusivement sous l’étiquette House, c’est surtout leur aspect Acid qui leur donne une place ici, sachant qu’il peut être réutilisé dans d’autres styles très variés…

-DJ Pierre + Phuture 303 (Label commun)

-Armando

-Adonis

-808 State

-Ceephax Acid Crew

-Psychic TV (fin des années 80 seulement, rebaptisé PTV3 depuis)

-The KLF

-Fast Eddie

-D-Mob

-Hardfloor

-Josh Wink

-Burger Industries

-A Guy Called Gerald

-Aphex Twin (ses tout premiers morceaux comme les Analogues Bubblebath, mais aussi les Analords)

-Laurent Garnier (certains titres notamment le très connu Acid Eiffel)

-Kevin Saunderson (quelques titres Acid bien qu’il fasse partie de la scène Techno de Detroit)

-…

Et notre playlist :

Phuture - Acid Tracks

Fast Eddie - Acid Thunder

Burger Industries - Back To Jack Your Body

Hardfloor - Acperience 1

Charanjit Singh - Raga Bairagi

Pour conclure, je vous conseille vivement d’aller jeter un œil sur le site TheAcidHouse qui propose de nombreux mix ainsi que la chaîne de Craazy Acid, qui répertorie bon nombre de vieux maxis assez savoureux !

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NTX Techno Mixtape

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Tracklist :

Derrick May - Strings of The Strings of Life
Cybotron - Clear
Curley & R-Zac - Untitled
Scan X - Higher
Laurent Garnier - Crispy Bacon
Hardfloor - The Life We Choose
Popof - Broke Sirius
Disorder - Groove Attack
Legowelt - Are You Truly Debonaire ?
Galaxy 2 Galaxy - Hi-Tech Jazz
Virtualian - PCM
Agor - Chetamine
Andy Stott - Black
The Field - Over The Ice
Future Sound of London - Pulse State

(Source : ntx-mag)